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Rupestres
Rupestres
Picasso, Soulages et Barceló en ont rêvé… Les Rupestres l’ont fait !
Un film de Marc Azéma
Par Pedro Lima, journaliste scientifique
Entretien Pedro Lima avec le réalisateur
Un film de Marc Azéma produit par Passé Simple.
Avec les dessinateurs Chloé Cruchaudet, Edmond Baudoin, Etienne Davodeau, Emmanuel Guibert, David Prudhomme, Pascal Rabaté, Troubs.
Avec le soutien du Parc naturel régional des Causses du Quercy
et des éditions Futuropolis.
Sortie le 26 mars 2025

France / 2024 / 90 minutes / documentaire
– Avant-première au cinéma Le Grand Palais à Cahors le vendredi 21 mars à 20h30.
– Projection en plein air et rencontre avec Marc Azema et les Rupestres – Rencontres 9 art à Aix en Provence
Rupestres

Dans le cadre d’une expérience baptisée « Résonances Rupestres », qui s’est déroulée au cœur de la région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, sept dessinatrice et dessinateurs ont été autorisés à investir une grotte et à orner ses parois comme le faisaient les peintres, graveurs et dessinateurs de la dernière période glaciaire ! Autrice et auteurs de bande dessinée, Chloé Cruchaudet, Edmond Baudoin, Etienne Davodeau, Emmanuel, Guibert, David Prudhomme, Pascal Rabaté et Troubs se sont rendus sous terre pour cette immersion artistique en septembre 2022, suivis dans leurs gestes et leurs paroles par la caméra sensible de Marc Azéma, spécialiste et passionné d’art rupestre. Pendant 10 jours, ils ont ainsi quitté leur table à dessin et se sont retrouvés dans la peau des artistes de la préhistoire. Ensemble, ils ont pu donner libre cours à leur imagination dans une petite grotte transformée en champignonnière, située au cœur du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, dans le département du Lot. Ils ont exprimé leur art en utilisant les techniques et les gestes de leurs ancêtres paléolithiques qui ont orné la grotte du Pech Merle, située tout près de là. Cette expérience à mi-chemin entre art pariétal et art contemporain questionne les origines de l’art lui-même et s’avère, au final, riche en enseignements et en surprises. Au fil des images, on suit avec plaisir les artistes d’aujourd’hui sur les traces de ceux d’hier, en écoutant leurs réflexions et leurs interrogations. En admirant, surtout, le processus créatif en marche dans la semi-pénombre de la cavité et les images nées de leurs doigts, de leurs pinceaux et de leurs éponges. Images colorées qui prennent vie sur les parois, comme les résonnances actuelles de créations très anciennes, reliées à elles par le fil ténu de l’humanité.
Pedro Lima (Journaliste scientifique)
Les artistes


Chloé Cruchaudet Chloé Cruchaudet est dessinatrice, scénariste et coloriste de bande dessinée d’origine lyonnaise. Elle a fréquenté l’École Émile-Cohl puis la prestigieuse école des Gobelins à Paris, où elle a étudié l’animation. Elle collabore notamment à « Ernest et Célestine » tout en développant des projets personnels.
Étienne Davodeau Étienne Davodeau, dessinateur et scénariste de bande dessinée est l’un des auteurs les mieux connus de la BD française. Il nourrit les récits dessinés de ses voyages et de sa vie même.
David Prudhomme David Prudhomme est né en 1969. Alors qu’il est encore étudiant à la section bande dessinée de l’école d’Angoulême, il entame en 1992 Ninon secrète. Il poursuit cette série jusqu’en 2004, le temps de six albums parus aux Éditions Glénat, et poursuit depuis un riche travail de création.
Edmond Baudouin Edmond Baudouin aime dessiner sur le vif, n’aime pas les traits figés, affectionne et s’inspire de la danse, du mouvement. Apôtre du noir et blanc, il ne refuse pas les détours par la couleur.
Emmanuel Guibert Après un bref passage à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs, Emmanuel Guibert se fait connaître grâce à un premier album de bande dessinée, Brune (1992), qui retrace la montée du nazisme. Cette œuvre, qui nécessite sept ans de travail, témoigne de son intérêt pour l’histoire contemporaine et le rapproche des talents de la maison d’édition L’Association, qui, dans les années 1990, renouvelle la bande dessinée alternative.
Troubs Né à Bordeaux en 1969 sous le patronyme de Jean-Marc Trouillet. Après le lycée, il entre aux beaux-arts de Toulouse, puis ceux d’Angoulême dont il sort en 1993. Installé en Dordogne, c’est là qu’entre deux voyages, il commence à écrire et à dessiner des livres, souvent à la première personne.
Pascal Rabaté On a beaucoup aimé le livre et le film « Les petits ruisseaux », tous deux l’œuvre de Pascal Rabaté, talent multiple qui sait mettre son talent de scénariste et de dessinateur au service du cinéma.
Présentation du producteur
Rupestres est le récit cinématographique d’une aventure humaine, celle qui a conduit sous terre un collectif d’artistes contemporains s’interrogeant sur les origines de l’art et dialoguant, par la pratique et à travers les millénaires, avec leurs ancêtres de la Préhistoire, de Chauvet, Lascaux ou Pech-Merle. Il ne s’agit pas d’un film de science, mais d’une réflexion sur la création. Il donne l’occasion, grâce au talent des artistes, de faire vivre au spectateur le fantasme d’artistes contemporains : dessiner dans une grotte comme les artistes de la préhistoire, Picasso, Soulages, Barcelò en ont rêvé… pour ne citer que les plus célèbres.
Entretien Pedro Lima avec le réalisateur Marc Azéma
Comment ce film est-il né ?

Le tournage a été initié par le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy. Un de mes amis dessinateurs, David Prudhomme, m’a fait part de l’expérience qu’ils allaient conduire en 2022 avec des collègues dans une petite grotte, la grotte de La Sagne dans le Lot. Nous étions très enthousiastes parce que c’est quelque chose que les dessinateurs attendaient depuis très longtemps. David et ses amis avaient travaillé quelques années auparavant sur un album, « Rupestres » publié chez Futuropolis. Ils avaient visité des grottes préhistoriques et avaient dessiné leur périple. Ce sont devenus des amis et quand cette expérience, cette proposition de dessiner directement dans une grotte comme les artistes préhistoriques, leur a été proposée, ils ont pensé à moi pour la filmer. Nous avons pu les filmer au travail dans la grotte pendant une dizaine de jours avec le chef-opérateur Maxime Anduze. Cela s’est fait en totale immersion avec le groupe, à la façon dont d’autres artistes s’en sont imprégnés.
Quel est votre lien avec le sujet du film ?
Je suis avant tout passionné par l’image, et je dessine depuis mon plus jeune âge. Un jour, à l’occasion d’un voyage étudiant, j’ai découvert les grottes ornées de Dordogne. Cela m’a interrogé, et a déclenché inconsciemment quelque chose en moi, comme cette idée de poursuivre des études d’histoire de l’art. Gabriel Camps, un préhistorien, m’a proposé de m’intéresser à la question de la représentation du mouvement dans l’art préhistorique. Après mes études, je me suis formé sur le tas pour réaliser des films documentaires, avec toujours l’idée de faire de la fiction, tout en étudiant la préhistoire. En m’intéressant au mouvement dans l’art pariétal, j’ai pris conscience qu’il servait à exprimer la vie, à raconter des choses sur les parois. Cet art préhistorique contenait en germe les concepts de narration graphique et de cinématographie. J’ai aussi participé à des missions d’études en grottes, et notamment la grotte Chauvet où j’ai travaillé de 2000 à 2017 en particulier avec mon ami Jean Clottes. À Chauvet, dans la salle du fond, nous avons travaillé pendant plusieurs années sur les relevés des gravures et dessins de Lions. Un souvenir inoubliable. Ainsi en parallèle de la réalisation de films documentaires, j’avais la chance de participer à la plus belle aventure d’archéologie préhistorique de notre temps.
Comment voyez vous le lien entre art contemporain et art pariétal paléolithique ? Il y a une résonance à travers la paroi entre ces artistes contemporains et les artistes premiers. À travers leurs gestes communs, ils ont utilisé des outils comparables, des façons de faire, des textures, des trucs. Les artistes premiers sont allés au bout de ce qu’ils pouvaient faire en matière de graphie, de figuration, de technique, dans les limites de leur technologie. On a affaire à des professionnels de l’image. Celles et ceux d’aujourd’hui bénéficient, de plus, de tout ce qu’ils ont appris, ce qui est transmis depuis des milliers d’années. « Les Rupestres » ont suivi le même chemin en l’espace de 10 jours, ils sont allés au bout de ce qu’ils pouvaient faire, dans la limite de leur caverne avec les mêmes outils. C’est quelque chose de très moderne, de très fort qui nous rapproche vraiment des artistes premiers. Ce qu’ont fait les Rupestres est… essentiel.
D’autres films de Marc Azema :
La Préhistoire du cinéma
Origines paléolithiques de la narration graphique et du cinématographe…
Un livre et un DVD
Marc Azéma Actes sud
Depuis les origines, l’homme « fait son cinéma »… L’homme « rêve » ; il partage cette faculté avec bon nombre d’animaux. Mais son cerveau est une machine à produire des images beaucoup plus évoluées, des images mentales capables de provoquer des sensations également sonores ou olfactives, une merveilleuse mécanique capable de simuler des fragments d’existence réaliste ou au contraire purement chimérique, des « films » en devenir… La Préhistoire du cinéma
Quand Homo sapiens faisait son cinéma
Marc Azéma
Quand Homo sapiens faisait son cinéma entraîne le spectateur à travers 20 000 ans d’art paléolithique, à la recherche des premières traces du cinématographe. Une nouvelle lecture des peintures et des gravures des hommes des cavernes révèle l’existence de nombreux cas de décomposition du mouvement des animaux représenté sur les parois, une étape fondamentale sur la voie du cinéma d’animation.
Mais ce n’est pas tout. Les hommes des cavernes se sont même adonnés à la narration graphique : une manière de raconter des histoires avec sons et images, en immersion comme au cinéma, même sans installer le spectateur dans un fauteuil…









